Rencontre avec Daniel KELLER

Le 28 juin 2014 Eric Le Penven rencontre Daniel Keller Grand Maître du Grand Orient de France (GOF). En effet, le Grand Maître du G O F était présent à Laon pour le 100éme anniversaire de la loge Les Frères du Mont Laonnois. A cette occasion Eric Le Penven ré-affirmera à Daniel Keller son souhait de conserver la mémoire des liens étroits qui existaient entre certains membres du CRCIA et les loges maçonniques du Grand Orient de France de la IIIéme République. A l'issue de cette journée la Ville de Laon représentée par le Sénateur Maire Antoine Lefèvre clôture cet événement par une réception ouverte au public au Cloître de l'ancienne abbaye Saint-Martin située dans la ville haute de Laon (voir photo ci-dessous).
Daniel KELLER et Antoine LEFEVRE

Définition Moderne du CRCIA-S comme services

Dans un monde dorénavant totalement transformé, le CRCIA poursuit son action. On est loin du paysage de sa naissance. La République est assurée ; la France n'est plus impériale. Intimement imbriquée dans le jeu économique mondial, membre actif d'une Europe communautaire et en son propre sein, de plus en plus décentralisée en collectivités territoriales autonomes, la France, tout en ayant connu un fantastique développement social et économique, ne dispose plus des mêmes libertés de manoeuvre : elle est d'avantage tributaire du monde. dans ce nouveau décor, l'industrie, le commerce, l'artisanat (le CRCIA intègre dorénavant dans ses préoccupations en plus de l'agriculture, l'artisanat et les services)ont profondément changé de nature. Sous des formes diverses, tous ces acteurs économiques ont peu à peu adpoté des formes qui les rapprochent de l'entreprise.

Chartre du CRCIA



Charte des Valeurs du Forum Républicain
P R É A M B U L E
Les institutions de la République se sont développées dans notre pays sur fonds d'acquis et de compromis sociaux et de protections de marchés, permettant l'épanouissement de l'Etat-providence aujourd'hui partiellement mis en cause par une démocratie basée sur la responsabilité des citoyens.
La déresponsabilisation des individus, les structures fermées, la montée des corporatismes et de l'individualisme, la complexité des situations, la perte de sens et de repères dans les conduites de vie, autant d'obstacles au progrès social et à la réconciliation des Français avec la politique.
A cela s'ajoutent la mondialisation de l'économie, la lutte contre les déficits publics, la perte de confiance du peuple dans ses élites qui ont pour effet une fragmentation du corps social et une fragilisation de nos institutions.
C'est pourquoi, le CRCIA (Comité Républicain du Commerce, de l'Industrie, de l'Artisanat et des services), à travers ses comités locaux, a décidé de mettre en oeuvre et d'animer un Forum Républicain autour des trois axes stratégiques qui fondent son existence et l'utilité de son action, à savoir :
La citoyenneté active La communication sociale revivifiée L'esprit entrepreneurial revalorisé
Pour garantir la finalité et l'esprit de ce Forum Républicain, le Conseil national du CRCIA a établi une charte des valeurs.
Article 1 : Le Forum Républicain est un espace d'animation ouvert, porteur de dialogue et de réflexion concertée, d'interventions réfléchies ayant pour objet de promouvoir les valeurs de la République à partir d'un accroissement de la sociabilité et du rôle du citoyen en tant qu'agent économique actif et en tant que personne sociale responsable.
Article 2 : La devise du Forum Républicain est celle de la République : Liberté, Egalité, Fraternité, fondement véritable d'une démocratie participative dans une société de projets dont la finalité est une dynamique sociale et économique au service de l'Homme.
Article 3 : Le Forum Républicain reconnaît que la société ne se réforme pas par décrets. Aussi recherche-t-il à faciliter la mise en pratique de ses trois objectifs stratégiques en créant des conditions de changement voulu et maîtrisé à partir d'une approche globale et pluridisciplinaire des réalités du terrain.
Article 4 : Le Forum Républicain est animé par chaque Comité Local du CRCIA, associé à des personnalités locales de la sphère politique ou de la société civile, attachées aux valeurs de la République.
Dans le cadre de cette animation, le Conseil National veille à la bonne application de cette charte.
Article 5 : Les programmes de travail du Forum sont élaborés librement par chaque comité local à partir de thèmes considérés comme prioritaires soit dans leur territoire d'influence, soit dans le contexte national.. Dans ce cas, il s'agit de thèmes généraux porteurs d'avenir tels que la citoyenneté des jeunes, la coopération intergénérationnelle, l'insertion et la réinsertion sociale et professionnelle.
Article 6 : A partir des travaux des différents comités locaux, le CRCIA émet des propositions sur tout ce qui concerne l'exercice d'un dialogue et d'une participation des citoyens aux décisions de la vie politique et économique.
En particulier, ses propositions porteront :
sur l'émergence et l'amplification de projets locaux porteurs d'innovation sociale ou économique ;
sur l'évolution de la citoyenneté face aux enjeux régionaux, européens et internationaux ;
sur la recherche de nouveaux liens de solidarité et d'équité entre les hommes et entre les pays ;
sur la lutte contre les intolérances et les intégrismes, et sur la réduction de l'exclusion sociale.
Article 7 : Les articles ci-dessus de la présente charte constituent les principes d'existence et de fonctionnement du Forum Républicain. Chaque comité local reçoit un exemplaire original et numéroté de cette charte des valeurs du Forum Républicain dont il devient le dépositaire et le gardien dès qu'il la met en oeuvre.


Pierre-Julien Dubost, Président

CRCIA 1945 2004

Soucieux de servir de son mieux les intérêts de la France Républicaine, désireux de continuer à jouer, comme il l'a fait dans le passé, son rôle de conseiller averti des pouvoirs publics, le CRCIA s'est préoccupé de rechercher, dès la reprise des ses activités, les méthodes susceptibles de donner à ses travaux le rendement le plus efficace.
En 1980, il décida une refonte complète de son Comité afin de préparer l'avenir, face à la nouvelle génération, tout en restant sur les grands principes de sa fondation, décidée par le grand républicain qu'était le Sénateur Alfred Mascuraud.
En Octobre 1991, le CRCIA changea la fin de son titre, remplaçant "Agriculture" par en "Artisanat", sans rien changer au but de ses statuts, restant plus que jamais attaché au régime républicain et à la déclaration des droits de l'Homme.
En Avril 1997, le Comité décidait d'ajouter les "services" dans sa dénomination, devenant ainsi :
"Comité Républicain du Commerce, de l'Industrie, de l'Artisanat & des services"
Depuis sa création, le CRCIA n'a cessé de montrer la voie. Il est et doit demeurer le lieu de rencontre, l'organisme d'accueil où peuvent se confronter les activités professionnelles, avec les activités civiques.
Le CRCIA a toujours été dans le sens du progrès humain : qu'il s'agisse de législation du travail, de repas hebdomadaires, de sécurité sociale, de conventions collectives, de congés payés, de l'enseignement et de l'école publique, des conditions salariales, du développement de l'industrie, de la protection de l'environnement, des forces armées, de la santé, de la formation, de la justice, etc.
Aujourd'hui, il s'engage dans une lutte vigoureuse contre la déresponsabilisation des individus, la montée des corporatismes et de l'individualisme, la complexité des situations, la perte de sens et de repères dans les conduites de vie, autant d'obstacles au progrès social et à la réconciliation des Français avec la politique, qui conduisent à coup sûr à une fragmentation du corps social et une fragilisation de nos institutions.
A travers ses comités locaux, le CRCIA a décidé de mettre en oeuvre et d'animer un Forum Républicain autour des trois axes stratégiques qui fondent son existence et l'utilité de son action, à savoir :
La citoyenneté active La communication sociale revivifiée L'esprit entrepreneurial revalorisé
Il a inscrit dans sa réflexion des thèmes généraux porteurs d'avenir tels que la citoyenneté des jeunes, la coopération intergénérationnelle, l'insertion et la réinsertion sociale et professionnelle.

Ses propositions concernent principalement : l'émergence et l'amplification de projets locaux porteurs d'innovation sociale ou économique ; l'évolution de la citoyenneté face aux enjeux régionaux, européens et internationaux ; la recherche de nouveaux liens de solidarité et d'équité entre les hommes et entre les pays ; la lutte contre les intolérances et les intégrismes, et sur la réduction de l'exclusion sociale.

CRCIA 1940 1945

Comme tous les groupements ayant des buts politiques ou économiques, le CRCIA, dès l'occupation allemande dut cesser toute activité intérieure. En zone occupée, il ne pouvait être question d'enfreindre "les diktats" allemands sous peine de dissolution, de confiscation de biens, d'arrestations personnelles ou de groupes. Les lois, décrets et ordonnances de Vichy interdisaient toute manifestation qui n'était pas dans la stricte orthodoxie du Gouvernement de la zone dite "libre".
Force fut donc de mettre le CRCIA en veilleuse dans toute la France.
Il eût suffit de supprimer de son titre le mot "républicain", de modifier légèrement ses statuts de manière à n'y pas laisser apparaître la trace de son attachement à la démocratie, à la République et à la déclaration universelle des droits de l'Homme.
Mais le CRCIA n'a pas consenti à changer un seul mot du titre sous lequel il était connu, ni à modifier aucun article de ses statuts. Le CRCIA n'a jamais voulu entrer en relation, ni avec les autorités allemandes, ni avec le Gouvernement de Vichy, et a organisé sa vie au ralenti, entretenant malgré tout des relations avec toutes ses sections, souvent dangereusement car elles étaients surveillées. Une liaison, au moins mensuelle, fut assurée pendant toute la durée de la séparation de la France en deux zones.
Jamais le fil qui reliait le CRCIA à ses sections ne fut rompu.
Aussi, lorsque vint la libération tant attendue, les membres du CRCIA se sont retrouvés prêts à reprendre leur action sous un nom resté sans tâche, suivant des principes qu'ils n'avaient jamais consenti à transgresser. Leurs cœurs étaient restés les mêmes, leurs consciences étaient demeurées nettes, et leurs mains n'avaient jamais été souillées d'argent impur. Sans manifestations tapageuses, les membres du CRCIA ont déployé à nouveau leur drapeau. A la France ressuscitée, ils ont répondu : "présent"
A la Libération, le CRCIA a donc procédé au regroupement de ses membres, et la tâche ne fut point aisée, car il avait eu ses morts pour la France, ses prisonniers, ses déportés, ses foyers détruits.
Dans un manifeste remis au Général de Gaulle, le CRCIA a précisé sa position à l'égard du Gouvernement.
Extrait : "Nous voulons travailler pour que la France vive, pour qu'elle prospère. Aidez-nous dans l'avenir, comme vous l'avez fait dans le passé. Ensemble, sous l'égide d'une République résolument démocratique, nous verrons des jours heureux dans la paix et la prospérité retrouvées. Le passé du CRCIA est un sûr garant de son avenir. Il n'a jamais failli à sa tâche, transgressé ses devoirs, laissé périmer les intérêts de ses mandants. Il vient de reprendre ses travaux : il entend les poursuivre dans une atmosphère renouvelée, tout entier vers la recherche d'une France Républicaine toujours plus belle et plus forte, tournée vers l'avenir de la France."
Après la Libération, le CRCIA possède dans toute la France, métropolitaine et coloniale, un très grand nombre de sections, dont certaines groupent plusieurs centaines de membres. Des sections très actives et très florissantes se sont également créées à l'Etranger, notamment en Amérique, en Egypte, en Angleterre et dans les pays sous protectorat comme le Maroc, la Syrie, la Tunisie ou Algérie.
Pour servir de trait d'union aux sections, renseigner leurs adhérents et faire connaître à la presse et aux élus ses idées sur les questions d'actualité, le Comité Républicain édite un organe spécial qui a pour titre "le Bulletin Officiel du CRCIA", puis "l'Activité Modeme" dont les articles sont souvent reproduits par les grands quotidiens nationaux ou étrangers, comme dans le passé où cette édition faisait office de Journal Officiel au sein du Comité.
Mais c'est avant tout sur le terrain économique qu'il entend exercer le meilleur de son activité.

CRCIA 1899 1940

La loi de 1884 avait favorisé l'éclosion de nombreux groupements, formés dans le but de défendre les intérêts des professions qu'ils représentaient.
Leur multiplication fut telle que, bientôt, le besoin se fit sentir d'unifier leurs actions pour la rendre plus efficace, à l'effet de parvenir à des réformes d'intérêts communes.
En 1898, le Sénateur de la Seine Alfred Mascuraud (1848-1926), Officier de l'Ordre National de la Légion d'Honneur, eut l'idée de réunir les commerçants et les industriels (puis à partir de 1906 les agriculteurs) en une association qui, sous l'égide d'une politique hardiment républicaine, devait développer la solidarité entre toutes les catégories de producteurs, de commerçants et de consommateurs, exposer leurs desiderata sur tous les projets de loi les concernant, et défendre leurs intérêts communs auprès des pouvoirs publics.
C'est ainsi que fut fondé, en 1899, à Paris, le "Comité Républicain du Commerce, de l'industrie et de l'Agriculture" connu dans toute la France entière sous le nom de "Comité Mascuraud".
Il fut parrainé officiellement par Alexandre Millerand, Ministre du Commerce, puis tuteur quand celui-ci devînt Président de la République Française.
Ce groupement, sous son impulsion, prit une importance considérable et s'intéressa non seulement à la politique intérieure, mais encore aux relations de la France avec les nations voisines.
Par ses efforts et par ses actions, son premier Président National contribua aux rapprochements Franco-Italienne et Franco-Anglais.
Le Président du Conseil Waldeck Rousseau et son Ministre du Commerce Alexandre Millerand portèrent de suite le plus vif intérêt aux efforts d'Alfred Mascuraud, qu'ils secondèrent de toutes leurs autorités.
Et c'est ainsi qu'ils obtiennent du Gouvernement, un Arrêté Ministériel en date du 30 Août 1899, pour être un interlocuteur habilité des pouvoirs publics.
Car le caractère du CRCIA était d'être à la fois une association économique et une association politique.
Une association économique Elle suivait régulièrement et provoquait parfois l'évolution de la législation de tout ce qui peut concerner la production et les échanges. Elle étudiait pour porter sur le plan national, les problèmes des diverses branches de notre économie. Elle a créé dans cet ordre d'idées des commissions fonctionnant à son siège, et fournissant d'utiles suggestions à ses membres, aux groupements professionnels, aux administrations, aux pouvoirs publics. Elle donnait au Gouvernement de la République, les avis et les renseignements qu'il jugeait utile sur les questions commerciales, industrielles, agricoles et artisanales. Elle présentait ses vues, et faisait connaître son sentiment sur les changements projetés dans la législation commerciale, fiscale, industrielle, agricole et artisanale.
Une association politique Eloigné de tout sectarisme et de toute utopie en même temps que de tout égoïsme social, fermement attaché aux principes de la démocratie et à la déclaration des droits de l'Homme, le CRCIA soutenait les principes d'une politique hardiment novatrice, démocratique et humaine.
Le CRCIA, par son double caractère particulier, fut la seule en France pour porter sur le plan national les problèmes des diverses branches économiques.
Le CRCIA constitua 200 sections dans toute la France, dans les colonies et même à l'Etranger, et comptait déjà 18.000 adhérents en 1908.
Dans les 20 premières années de son existence, il n'organisa pas moins de 600 réunions tant à Paris qu'en Province et à l'étranger.
Le CRCIA fit des tournées fécondes dans tous les pays d'Europe. En 1904, dans un voyage à Londres, Windsor et Brighton, Alfred Mascuraud fut le véritable précurseur de l'entente cordiale. L'activité du CRCIA ne s'est jamais ralentie jusqu'en Juin 1940.

Le CRCIA - Comité Républicain

Le CRCIA plonge ses racines dans l'histoire de la République. Créé en 1898 par le Sénateur Mascuraud, ce comité républicain, alors voué à la défense du commerce, de l'industrie et de l'agriculture, avait d'abord pour ambition, dans l'esprit de son promoteur, de participer à la consolidation de la République encore ébranlée par l'affaire Dreyfus et par le réveil d'attitudes hostiles au régime qu'avaient choisi les français.
Grâce au parrainage du président du conseil, Waldeck Rousseau, le CRCIA, qui se donnait la mission de "défendre les intérêts commerciaux, industriels et agricoles" de ceux que l'on appellerait aujourd'hui les socioprofessionnels "tout en observant à l'égard du Gouvernement républicain le loyalisme le plus sincère", allait connaître un succès considérable et immédiat.
Rapidement, son réseau de 200 sections locales réunissait en France plus de 35000 membres, lui permettant de devenir un interlocuteur puissant des pouvoirs publics.
A la fois association économique, provoquant l'évolution de la législation dans le domaine de la production et des échanges, et association politique soutenant les principes d'une politique novatrice, démocratique et humaine, le CRCIA allait jouer un rôle d'aiguillon et d'incitation dans la modernisation sociale et économique de la République : après Alfred Mascuraud, nombre de ministres et de parlementaires prestigieux, en en assurant la Présidence Nationale, permettaient au Comité de s'illustrer sans défaillance dans cette voie.
Parmi bien d'autres innovations, le CRCIA a été, par exemple, à l'origine de la création du Crédit Agricole et des Banques Populaires...
Comme tous les groupements ayant des buts politiques ou économiques, le CRCIA, dès l'occupation allemande dut cesser toute activité intérieure. En zone occupée, il ne pouvait être question d'enfreindre "les diktats" allemands sous peine de dissolution, de confiscation de biens, d'arrestations personnelles ou de groupes. Les lois, décrets et ordonnances de Vichy interdisaient toute manifestation qui n'était pas dans la stricte orthodoxie du Gouvernement de la zone dite "libre".
Force fut donc de mettre le CRCIA en veilleuse dans toute la France.
Il eût suffit de supprimer de son titre le mot "républicain", de modifier légèrement ses statuts de manière à n'y pas laisser apparaître la trace de son attachement à la démocratie, à la République et à la déclaration universelle des droits de l'Homme.
Mais le CRCIA n'a pas consenti à changer un seul mot du titre sous lequel il était connu, ni à modifier aucun article de ses statuts. Le CRCIA n'a jamais voulu entrer en relation, ni avec les autorités allemandes, ni avec le Gouvernement de Vichy, et a organisé sa vie au ralenti, entretenant malgré tout des relations avec toutes ses sections, souvent dangereusement car elles étaients surveillées. Une liaison, au moins mensuelle, fut assurée pendant toute la durée de la séparation de la France en deux zones.
Jamais le fil qui reliait le CRCIA à ses sections ne fut rompu.
Aussi, lorsque vint la libération tant attendue, les membres du CRCIA se sont retrouvés prêts à reprendre leur action sous un nom resté sans tâche, suivant des principes qu'ils n'avaient jamais consenti à transgresser. Leurs cœurs étaient restés les mêmes, leurs consciences étaient demeurées nettes, et leurs mains n'avaient jamais été souillées d'argent impur. Sans manifestations tapageuses, les membres du CRCIA ont déployé à nouveau leur drapeau. A la France ressuscitée, ils ont répondu : "présent"
A la Libération, le CRCIA a donc procédé au regroupement de ses membres, et la tâche ne fut point aisée, car il avait eu ses morts pour la France, ses prisonniers, ses déportés, ses foyers détruits.
Dans un manifeste remis au Général de Gaulle, le CRCIA a précisé sa position à l'égard du Gouvernement.
Extrait : "Nous voulons travailler pour que la France vive, pour qu'elle prospère. Aidez-nous dans l'avenir, comme vous l'avez fait dans le passé. Ensemble, sous l'égide d'une République résolument démocratique, nous verrons des jours heureux dans la paix et la prospérité retrouvées. Le passé du CRCIA est un sûr garant de son avenir. Il n'a jamais failli à sa tâche, transgressé ses devoirs, laissé périmer les intérêts de ses mandants. Il vient de reprendre ses travaux : il entend les poursuivre dans une atmosphère renouvelée, tout entier vers la recherche d'une France Républicaine toujours plus belle et plus forte, tournée vers l'avenir de la France."
Après la Libération, le CRCIA possède dans toute la France, métropolitaine et coloniale, un très grand nombre de sections, dont certaines groupent plusieurs centaines de membres. Des sections très actives et très florissantes se sont également créées à l'Etranger, notamment en Amérique, en Egypte, en Angleterre et dans les pays sous protectorat comme le Maroc, la Syrie, la Tunisie ou Algérie.
Pour servir de trait d'union aux sections, renseigner leurs adhérents et faire connaître à la presse et aux élus ses idées sur les questions d'actualité, le Comité Républicain édite un organe spécial qui a pour titre "le Bulletin Officiel du CRCIA", puis "l'Activité Modeme" dont les articles sont souvent reproduits par les grands quotidiens nationaux ou étrangers, comme dans le passé où cette édition faisait office de Journal Officiel au sein du Comité.
Mais c'est avant tout sur le terrain économique qu'il entend exercer le meilleur de son activité.