CRCIA 1945 2004

Soucieux de servir de son mieux les intérêts de la France Républicaine, désireux de continuer à jouer, comme il l'a fait dans le passé, son rôle de conseiller averti des pouvoirs publics, le CRCIA s'est préoccupé de rechercher, dès la reprise des ses activités, les méthodes susceptibles de donner à ses travaux le rendement le plus efficace.
En 1980, il décida une refonte complète de son Comité afin de préparer l'avenir, face à la nouvelle génération, tout en restant sur les grands principes de sa fondation, décidée par le grand républicain qu'était le Sénateur Alfred Mascuraud.
En Octobre 1991, le CRCIA changea la fin de son titre, remplaçant "Agriculture" par en "Artisanat", sans rien changer au but de ses statuts, restant plus que jamais attaché au régime républicain et à la déclaration des droits de l'Homme.
En Avril 1997, le Comité décidait d'ajouter les "services" dans sa dénomination, devenant ainsi :
"Comité Républicain du Commerce, de l'Industrie, de l'Artisanat & des services"
Depuis sa création, le CRCIA n'a cessé de montrer la voie. Il est et doit demeurer le lieu de rencontre, l'organisme d'accueil où peuvent se confronter les activités professionnelles, avec les activités civiques.
Le CRCIA a toujours été dans le sens du progrès humain : qu'il s'agisse de législation du travail, de repas hebdomadaires, de sécurité sociale, de conventions collectives, de congés payés, de l'enseignement et de l'école publique, des conditions salariales, du développement de l'industrie, de la protection de l'environnement, des forces armées, de la santé, de la formation, de la justice, etc.
Aujourd'hui, il s'engage dans une lutte vigoureuse contre la déresponsabilisation des individus, la montée des corporatismes et de l'individualisme, la complexité des situations, la perte de sens et de repères dans les conduites de vie, autant d'obstacles au progrès social et à la réconciliation des Français avec la politique, qui conduisent à coup sûr à une fragmentation du corps social et une fragilisation de nos institutions.
A travers ses comités locaux, le CRCIA a décidé de mettre en oeuvre et d'animer un Forum Républicain autour des trois axes stratégiques qui fondent son existence et l'utilité de son action, à savoir :
La citoyenneté active La communication sociale revivifiée L'esprit entrepreneurial revalorisé
Il a inscrit dans sa réflexion des thèmes généraux porteurs d'avenir tels que la citoyenneté des jeunes, la coopération intergénérationnelle, l'insertion et la réinsertion sociale et professionnelle.

Ses propositions concernent principalement : l'émergence et l'amplification de projets locaux porteurs d'innovation sociale ou économique ; l'évolution de la citoyenneté face aux enjeux régionaux, européens et internationaux ; la recherche de nouveaux liens de solidarité et d'équité entre les hommes et entre les pays ; la lutte contre les intolérances et les intégrismes, et sur la réduction de l'exclusion sociale.

CRCIA 1940 1945

Comme tous les groupements ayant des buts politiques ou économiques, le CRCIA, dès l'occupation allemande dut cesser toute activité intérieure. En zone occupée, il ne pouvait être question d'enfreindre "les diktats" allemands sous peine de dissolution, de confiscation de biens, d'arrestations personnelles ou de groupes. Les lois, décrets et ordonnances de Vichy interdisaient toute manifestation qui n'était pas dans la stricte orthodoxie du Gouvernement de la zone dite "libre".
Force fut donc de mettre le CRCIA en veilleuse dans toute la France.
Il eût suffit de supprimer de son titre le mot "républicain", de modifier légèrement ses statuts de manière à n'y pas laisser apparaître la trace de son attachement à la démocratie, à la République et à la déclaration universelle des droits de l'Homme.
Mais le CRCIA n'a pas consenti à changer un seul mot du titre sous lequel il était connu, ni à modifier aucun article de ses statuts. Le CRCIA n'a jamais voulu entrer en relation, ni avec les autorités allemandes, ni avec le Gouvernement de Vichy, et a organisé sa vie au ralenti, entretenant malgré tout des relations avec toutes ses sections, souvent dangereusement car elles étaients surveillées. Une liaison, au moins mensuelle, fut assurée pendant toute la durée de la séparation de la France en deux zones.
Jamais le fil qui reliait le CRCIA à ses sections ne fut rompu.
Aussi, lorsque vint la libération tant attendue, les membres du CRCIA se sont retrouvés prêts à reprendre leur action sous un nom resté sans tâche, suivant des principes qu'ils n'avaient jamais consenti à transgresser. Leurs cœurs étaient restés les mêmes, leurs consciences étaient demeurées nettes, et leurs mains n'avaient jamais été souillées d'argent impur. Sans manifestations tapageuses, les membres du CRCIA ont déployé à nouveau leur drapeau. A la France ressuscitée, ils ont répondu : "présent"
A la Libération, le CRCIA a donc procédé au regroupement de ses membres, et la tâche ne fut point aisée, car il avait eu ses morts pour la France, ses prisonniers, ses déportés, ses foyers détruits.
Dans un manifeste remis au Général de Gaulle, le CRCIA a précisé sa position à l'égard du Gouvernement.
Extrait : "Nous voulons travailler pour que la France vive, pour qu'elle prospère. Aidez-nous dans l'avenir, comme vous l'avez fait dans le passé. Ensemble, sous l'égide d'une République résolument démocratique, nous verrons des jours heureux dans la paix et la prospérité retrouvées. Le passé du CRCIA est un sûr garant de son avenir. Il n'a jamais failli à sa tâche, transgressé ses devoirs, laissé périmer les intérêts de ses mandants. Il vient de reprendre ses travaux : il entend les poursuivre dans une atmosphère renouvelée, tout entier vers la recherche d'une France Républicaine toujours plus belle et plus forte, tournée vers l'avenir de la France."
Après la Libération, le CRCIA possède dans toute la France, métropolitaine et coloniale, un très grand nombre de sections, dont certaines groupent plusieurs centaines de membres. Des sections très actives et très florissantes se sont également créées à l'Etranger, notamment en Amérique, en Egypte, en Angleterre et dans les pays sous protectorat comme le Maroc, la Syrie, la Tunisie ou Algérie.
Pour servir de trait d'union aux sections, renseigner leurs adhérents et faire connaître à la presse et aux élus ses idées sur les questions d'actualité, le Comité Républicain édite un organe spécial qui a pour titre "le Bulletin Officiel du CRCIA", puis "l'Activité Modeme" dont les articles sont souvent reproduits par les grands quotidiens nationaux ou étrangers, comme dans le passé où cette édition faisait office de Journal Officiel au sein du Comité.
Mais c'est avant tout sur le terrain économique qu'il entend exercer le meilleur de son activité.

CRCIA 1899 1940

La loi de 1884 avait favorisé l'éclosion de nombreux groupements, formés dans le but de défendre les intérêts des professions qu'ils représentaient.
Leur multiplication fut telle que, bientôt, le besoin se fit sentir d'unifier leurs actions pour la rendre plus efficace, à l'effet de parvenir à des réformes d'intérêts communes.
En 1898, le Sénateur de la Seine Alfred Mascuraud (1848-1926), Officier de l'Ordre National de la Légion d'Honneur, eut l'idée de réunir les commerçants et les industriels (puis à partir de 1906 les agriculteurs) en une association qui, sous l'égide d'une politique hardiment républicaine, devait développer la solidarité entre toutes les catégories de producteurs, de commerçants et de consommateurs, exposer leurs desiderata sur tous les projets de loi les concernant, et défendre leurs intérêts communs auprès des pouvoirs publics.
C'est ainsi que fut fondé, en 1899, à Paris, le "Comité Républicain du Commerce, de l'industrie et de l'Agriculture" connu dans toute la France entière sous le nom de "Comité Mascuraud".
Il fut parrainé officiellement par Alexandre Millerand, Ministre du Commerce, puis tuteur quand celui-ci devînt Président de la République Française.
Ce groupement, sous son impulsion, prit une importance considérable et s'intéressa non seulement à la politique intérieure, mais encore aux relations de la France avec les nations voisines.
Par ses efforts et par ses actions, son premier Président National contribua aux rapprochements Franco-Italienne et Franco-Anglais.
Le Président du Conseil Waldeck Rousseau et son Ministre du Commerce Alexandre Millerand portèrent de suite le plus vif intérêt aux efforts d'Alfred Mascuraud, qu'ils secondèrent de toutes leurs autorités.
Et c'est ainsi qu'ils obtiennent du Gouvernement, un Arrêté Ministériel en date du 30 Août 1899, pour être un interlocuteur habilité des pouvoirs publics.
Car le caractère du CRCIA était d'être à la fois une association économique et une association politique.
Une association économique Elle suivait régulièrement et provoquait parfois l'évolution de la législation de tout ce qui peut concerner la production et les échanges. Elle étudiait pour porter sur le plan national, les problèmes des diverses branches de notre économie. Elle a créé dans cet ordre d'idées des commissions fonctionnant à son siège, et fournissant d'utiles suggestions à ses membres, aux groupements professionnels, aux administrations, aux pouvoirs publics. Elle donnait au Gouvernement de la République, les avis et les renseignements qu'il jugeait utile sur les questions commerciales, industrielles, agricoles et artisanales. Elle présentait ses vues, et faisait connaître son sentiment sur les changements projetés dans la législation commerciale, fiscale, industrielle, agricole et artisanale.
Une association politique Eloigné de tout sectarisme et de toute utopie en même temps que de tout égoïsme social, fermement attaché aux principes de la démocratie et à la déclaration des droits de l'Homme, le CRCIA soutenait les principes d'une politique hardiment novatrice, démocratique et humaine.
Le CRCIA, par son double caractère particulier, fut la seule en France pour porter sur le plan national les problèmes des diverses branches économiques.
Le CRCIA constitua 200 sections dans toute la France, dans les colonies et même à l'Etranger, et comptait déjà 18.000 adhérents en 1908.
Dans les 20 premières années de son existence, il n'organisa pas moins de 600 réunions tant à Paris qu'en Province et à l'étranger.
Le CRCIA fit des tournées fécondes dans tous les pays d'Europe. En 1904, dans un voyage à Londres, Windsor et Brighton, Alfred Mascuraud fut le véritable précurseur de l'entente cordiale. L'activité du CRCIA ne s'est jamais ralentie jusqu'en Juin 1940.